jeudi 30 janvier 2014

༺ Décoder une personne qui souffre d'un trouble anxieux ༻

Mais que sont les Troubles Anxieux?
 Il faut savoir qu'ils sont parmi les plus communs problèmes de santé mentale, affectant environ une personne sur dix. Selon l'Association Canadienne pour la Santé Mentale, "le taux de prévalence est plus élevé chez les femmes que chez les hommes et les enfants peuvent en souffrir autant que les adultes."

 Les troubles anxieux comprennent le Trouble de stress post-traumatique (en anglais, PTSD), le Trouble obsessionnel-compulsif (OCD) ainsi que les phobies et troubles de panique (PD).



Petits trucs pour décoder une personne qui souffre d'un trouble anxieux:

Une personne affectée se préoccupe d'une chose
:  Être en sécurité.

Elle ne peut pas souvent s'empêcher de:

- se remettre en question
- se comporter impulsivement ou défensivement
- prendre tout personnellement
- s'inquiéter
- s'inquiéter
- s'inquiéter
- avoir de la difficulté à accepter un compliment
- avoir de la difficulté à rendre les gestes amicaux
- avoir de la difficulté à trouver le courage de répondre, répliquer, s'engager
- d'être méfiante des intentions des autres
- faire une grosse histore de la plus petite chose

Face à une personne qui souffre d'un trouble anxieux, il est bon de garder à l'esprit que:

- elle a peur de tout
- pratiquement tout le temps
- les troubles de l'anxiété sont un problème légitime
- et se manifestent dans la vie de tous les jours de façon souvent impulsive
- vous ne pouvez pas la "guérir" avec des mots
- lui dire que "s'inquiéter est ridicule" ou que "s'inquiéter ne sert à rien" ne peut pas l'empêcher de vivre de inquiétude
- cela ne servira qu'à réduire son pouvoir personnel et la faire se sentir ridicule ou honteuse
- et ensuite elle s'inquiètera encore plus ("est-ce qu'on me trouve ridicule?")

Aussi:

- elle transporte beaucoup d'armure
- elle a construit cette armure durant son enfance
- et qu'elle reçoive ou non des traitements pour sa condition, elle est presque certaine de ne pas pouvoir s'en défaire complètement
- mais, promis, il y a une personne aimable sous la carapace

Choses que l'on peut faire pour une personne qui a un trouble de l'anxiété:

1. rester dans sa vie
2. lui demander si elle est comfortable dans un lieu ou la situation en question
3. être ouvert à changer le lieu ou la situation dans le cas contraire
4. les activités qui l'aident à se concentrer sur autre chose sont recommandées
5. lui parler ou lui écrire même quand elle risque de ne pas répondre
6. (elle a probablement peur de dire la mauvaise chose, ou de trop se dévoiler)
7. essayer de ne pas prendre ses réactions (ou son manque de réaction) personnellement
8. (il faut comprendre qu'elle a tellement peur de s'exprimer que cela affecte sa façon de communiquer)
9. (et elle le sait)
10. il faut lui donner le temps de répondre
11. elle va être obsédée par la peur de comment sera interprété sa réponse et/ou de comment elle sera perçue
12. (elle anticipe toujours d'avance qu'elle sera jugée)
13. ça lui prend des heures à écrire même un petit bout de texte
14. même si son ton paraît sans-gêne ou désinvolte
15. et cela parce qu'elle a un trouble de l'anxiété

Choses à ne pas faire:

- lui dire de ne pas s'inquiéter
- lui dire que "tout ira bien"
- penser que louanger égale réconforter
- lui demander si elle "reçoit de l'aide"
- la forcer à "faire du social"
- la forcer à faire des choses qui la trigger
- parce que "faire face à la peur" ne fonctionne pas toujours
- parce que, il fau s'en rappeler, elle a peur de tout
- en fait, il serait plus précis de dire qu'elle a peur de la Peur elle-même, (ou qu'elle a peur de la Vie)

Procédure d'urgence pour les attaques de panique:

- rester calme
- rester patient
- ne pas être condescendant
- l'aider à se rappeler qu'elle n'est pas folle
- s'assoir avec elle
- lui demander de tendre et ensuite relaxer ses muscles, un à la fois
- lui rappeler de respirer
- l'engager dans une discussion sur une de ses passions (si elle peut parler, alors elle pourra respirer)
- si elle a de la difficulté à respirer, l'encourager à expirer lentement
- ou de respirer par le nez
- ou lui dire de placer sa main sur son ventre pour qu'elle puisse ressentir chacune de ses respirations
- lui demander ce qu'on pourrait changer dans son environnement pour l'aider à se sentir en sécurité
- et l'aider à le changer
- habituellement, simplement savoir qu'il y a quelqu'un avec elle prêt à l'aider à vaincre ce monstre de peur peut l'aider à se calmer

Si tu souffres d'un trouble de l'anxiété:

- c'est ok.
- même si tu t'inquiètes que ce n'est pas ok.
- c'est quand même ok.  C'est ok d'avoir peur.  C'est ok d'avoir peur d'avoir peur.
- tu n'es pas folle, tu n'es pas fou.  Tu n'es pas anormal.
- je sais qu'il y a une personne sous toutes tes carapaces.
- et je sais que tu te sens seule avec tout ça.
- mais je ne te forcerai pas à te débarasser de ton armure.
- Sache seulement que tu n'es pas seule.


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Adapté de l'original avec mes sincères remerciements, mais malheureusement,
malgré mes recherches, je ne réussis pas à retrouver l'auteur. 

༺ Quand même besoin de manger ༻

Te sens-tu grosse?
  • Tu as quand même besoin de manger.
Trouves-tu que tu ne vaux rien ou que tu es un gaspillage d'espace?
  • Tu as quand même besoin de manger.
Tu n'as pas fait d'exercise aujourd'hui?
  • Tu as quand même besoin de manger.
As-tu ambitionné sur la bouffe hier?
  • Tu as quand même besoin de manger..
As-tu engraissé?
  • Tu as quand même besoin de manger.


༺ Prendre soin de moi, sans condition ༻


Même si je me "sens" grosse, ou sens que j'ai engraissé, je dois:
  • manger à l'heure du déjeuner
  • manger à l'heure du diner
  • manger à l'heure du souper
  • prendre mes collations
  • écouter mon corps
  • prendre soin de mon corps

Aucune négociation, sans condition.  


mardi 28 janvier 2014

༺ Accepter n'est pas abandonner ༻


"Accepter ne veut pas dire abandonner.
Cela veut dire que l'on comprend qu'une chose est comme elle est et qu'il doit y avoir une façon d'y faire face. "
 | Michael J. Fox |

༺ Pièges de l'égo ༻



Pièges de l'Ego

- Si tu penses qu'il est plus "spirituel" de prendre ta bicyclette ou le transport en commun pour aller travailler, mais te retrouves à juger quiconque utilise une voiture, tu es dans un piège de l'égo.

- Si tu penses qu'il est plus "spirituel" d'arrêter de regarder la télévision parce que ça fait pourrir ton cerveau, mais te retrouves à juger ceux qui regardent encore la télé, tu es dans un piège de l'égo.

- Si tu penses qu'il est plus "spirituel" de ne pas lire potins, journeaux ou magazines, mais te retrouves à juger ceux qui les lisent, tu es dans un piège de l'égo.

- Si tu penses qu'il est plus "spirituel" d'écouter de la musique classique ou les sons réconfortants de la nature, mais te retrouves à juger ceux qui écoutent de la musique contemporaine, tu es dans un piège de l'égo.

- Si tu penses qu'il est plus "spirituel" de faire du yoga, de devenir vegan, d'acheter bio, d'acheter des cristaux de guérison, de pratiquer le reiki, de méditer, de porter des vêtements hippie ou de seconde main, de visiter des ashrams, de lire des livres de croissance personnelle/de cheminement spirituel, mais qu'ensuite tu juges quiconque ne fait pas ces choses, tu es dans un piège de l'égo.

Sois toujours à l'affut du sentiment de supériorité.  La supériorité pharisaïque* est le plus gros indicateur d'un piège de l'égo.  L'égo aime se faufiler par la porte d'en arrière.  Il prend une idée noble, comme commencer à faire du yoga, et le manipule pour servir ses propres fins en te faisant te sentir supérieur aux autres; tu commenceras à regarder de haut tous ceux qui ne suivent pas ton vertueux chemin "spirituel".  
Supériorité, jugement, condamnation.  
C'est le piège de l'égo.

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* pharisaïque: Qui tient du caractère des pharisiensCelui, celle qui, sûr de soijuge de haut, avec orgueil et dureté, les actions ou les opinions des autres.

༺ Premiers pas en Recovery ༻

“Every bite
every compliment
every gentle breath of acceptance
is an apology.
That is where you start.”



| Michelle K. | Where Does Recovery Start? | 

"Chaque bouchée, chaque compliment, chaque respiration dans la douceur de l'acceptation, est demander pardon.  
C'est par là que l'on commence."  
| Michelle K. |  Où commence Recovery?|


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Quand j'ai finalement décidé de Recover, ça signifiait devenir ouverte à beaucoup de choses, être prête à rééxaminer des comportements, des choix, des croyances. Ça impliquait accepter de travailler à me pardonner, à faire des excuses à mon corps et à mon esprit pour tout ce que je leur faisais subir depuis tant d'années. Ça signifiait aussi vraiment me donner la permission de m'occuper de moi avant beaucoup d'autres choses.  Ça voulait dire que je me donnais, pour la première fois, le droit de vivre, exactement comme j'étais, sans avoir rien à changer, sans avoir rien à mériter.

Toute ma vie jusqu'à maintenant, j'ai toujours pensé qu'il fallait me changer.  Devenir autre.  Devenir une autre personne afin de ne plus souffrir de mes problèmes spécifiques mais aussi pour être "une meilleure personne".  Je n'ai jamais développé des outils pour m'aider à:
a) voir véritablement mes problèmes tels qu'ils étaient;
b) faire face à mes problèmes dans le ici et maintenant;
c) vivre en acceptant mes limitations et en travaillant avec elles, non contre elles.

Toute ma vie jusqu'ici, j'ai essayé de vivre malgré mes troubles spécifiques, en faisant comme s'ils n'existaient pas vraiment, comme si à grands coups de persévérance et d'activité, de spiritualité même, ils finiraient par disparaître.  Le résultat est que lorsqu'on n'est jamais dans l'acceptation, on peut renforcer les comportements problématiques jusqu'au point de non retour ou on applique des Band Aids qui loin d'aider à résoudre le problème, ne font que le cacher encore plus à nos propres yeux.  Mes choix des dernières années n'ont pas été faits dans la sagesse de l'acceptation de qui j'étais vraiment, mais dans l'espoir que je pouvais me transformer.  J'ai vraiment cherché à devenir une personne que je pourrais aimer et accepter, enfin.


Quand j'ai décidé de vendre "ma" maison pour pouvoir ouvrir la boutique, je savais déjà que j'avais de la difficulté à m'alimenter et que cuisiner pour plus de gens que ma petite famille était difficile pour moi.
Je savais déjà que mon énergie n'était pas aussi abondante que l'énergie de beaucoup de gens, que je ne pouvais pas bien tolérer le stress financier, que mes restrictions alimentaires prenaient beaucoup de mon temps et de mon espace mental, que je recherchais trop l'approbation des autres, que mon perfectionnisme était malsain.
Je savais aussi qu'en tant que mère, j'avais besoin de me sentir présente à mes enfants et qu'en tant que personne, j'avais besoin de temps morts, de silence, de solitude, de repos.

Je savais déjà tout ça de moi-même mais comme j'avais toujours cru que je devais me changer, être autre, être mieux, être meilleure, être plus, je croyais que cette nouvelle vie allait me permettre de me transformer en la personne que je croyais vouloir et devoir être. 
(Il faut ajouter que, financièrement, la vie était difficile et nous avions l'espoir de pouvoir nous sortir de notre situation en ayant un espace physique afin de vraiment pouvoir lancer notre petite entreprise.)

Durant les deux années suivantes, j'ai vraiment découvert que je ne pouvais pas changer qui j'étais et qu'il était pressant que je m'occupe de moi.  
J'ai découvert que ni mon cerveau ni mon corps ne pouvaient composer avec plus de stress financier, avec plus de stress et d'obsessions alimentaires (avec plus de pressions de restrictions), plus de perfectionnisme, Ils ne pouvaient pas non plus composer avec moins de sommeil, moins de relaxation, moins de présence à mes êtres chers.
Tous les problèmes déjà existants ne pouvaient que s'amplifier parce que je ne voyais pas que j'avais une quantité limitée de cuillères.  Comme je ne savais pas qu'il était impossible d'obtenir plus de cuillères, j'ai accumulé une dette de cuillères, en empruntant toujours un peu plus à demain.

Au début de la deuxième année de la boutique, nous savions qu'il nous serait financièrement impossible d'entreprendre une troisième année et je savais que j'avais fait une grave erreur en m'imaginant être capable de composer avec toute la situation.  Le stress et l'incertitude financière étaient intenses mais ça ne diminuait pas la charge de travail. Quelques mois plus tard, après le vol qui a été le coup de grâce, je me sentais vraiment prise au piège et j'avais hâte d'être délivrée de la boutique tout en ayant une peur bleue de cette délivrance. Mon corps et mon cerveau ne pouvait plus composer, j'étais physiquement et mentalement en déficit de cuillères et je crois que la peur de ce que la faillite signifierait pour nous m'a véritablement paralysée.  Je faisais une faillite financière et une faillite de cuillères.

La fermeture de la boutique et la faillite ont entraîné beaucoup de remises en question qui ont alimenté mon burn-out.  Mais ces remises en question étaient aussi facilitées par ce que j'avais appris en m'occupant de notre commerce, en rencontrant des gens avec qui j'étais sur la même longueur d'ondes mais aussi en discutant avec beaucoup de gens avec qui ne n'étais pas sur la même longueur d'ondes.
Je crois qu'une personne en particulier a perçu un de mes problèmes et a fait quelque chose pour m'aider en m'orientant vers quelques avenues à explorer.  

C'est ainsi qu'au cours de la deuxième année, je commençais à percevoir que mon identité vegane était très problématique, que certaines de mes croyances étaient nuisibles/malsaines ou tout simplement fausses, et que loin d'avoir guéri mon trouble alimentaire, je l'avais simplement encouragé à prendre une autre forme.

Au milieu de la dépression, je voyais déjà les premiers pas qu'il me fallait faire si je voulais me sortir de l'abîme.  Mais je n'arrivais pas à m'en donner la permission.  Et, des mois plus tard, me donner la permission est, parfois, encore difficile.  

Les premiers pas en Recovery, c'est d'accepter la possibilité de se choisir.

Choisir Recovery, c'est réaliser qu'on mérite de vivre, de travailler à son bonheur, tout de suite, exactement comme on est.
Choisir Recovery, c'est accepter qu'il y a des choses qu'on n'a pas la possibilité de changer.
Choisir Recovery, c'est comprendre qu'il y a une différence entre Accepter et Abandonner.
Choisir Recovery, c'est être ouvert à comprendre nos pourquois et apprendre à utiliser de nouveaux outils.
Choisir Recovery, c'est se donner la permission de faire de son mieux, pas un iota de plus.
Choisir Recovery, c'est être prêt à faire face à nos mensonges, à nos croyances, à nos peurs, c'est être prêt à les regarder, à les reconnaître, à les soumettre à la lumière de la logique.
Choisir Recovery, c'est défaire nos identités protectrices, enlever nos masques, c'est travailler à nous accepter tout cru.
Choisir Recovery, ce n'est pas un choix qu'on fait, un jour, une fois. C'est un choix qu'on fait tous les jours, toutes les fois.
Choisir Recovery, c'est accepter qu'on mérite Recovery.



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Mars 2014, une amie m'écrit:

"[...] je comprend qu'il faut s'accepter comme on est. 
Par contre, penser que s'accepter comme on est n'inclut pas de "changements" sur soi est une illusion. Le fait de vouloir s'accepter demande des changements pour y parvenir. Donc je crois qu'il faut s'accepter mais qu'il faut aussi changer et accepter les changements nécessaires à notre guérison et notre cheminement. L'un ne va pas sans l'autre. L'évolution ne peut se faire sans changements."[...]

Ma réponse:

En te lisant, je ne peux que dire "of course!"
Je suis d'accord - cela dit, par rapport à ce que j'avais essayé d'exprimer, on parle de comparer des pommes et des oranges.

Pour moi, SE CHANGER, est totalement différent de CHANGER/APPORTER DES CHANGEMENTS.
Se Changer implique qu'on ne s'accepte pas à la base, qu'il n'y a pas d'accueil, d'acceptation ou de compréhension pour qui on est et qu'on veut utiliser la force (de sa volonté) pour être une autre personne.  Quand je parle d'avoir toujours travaillé et chercher à me changer, c'est de ça que je parle.  Il n'y a là, aucune sérénité. C'est le contraire de la sagesse, c'est la force de l'égo qui essaie de changer le soi comme un OGM.  D'une façon spirituelle, c'est refuser "Dieu", ou se refuser,  je dirais.

Apporter des changement implique qu'on change un comportement, une façon de penser, et le but d'apporter ces changements, dans la sagesse et la sérénité, est de vivre mieux avec ce qu'on est, à la baseD'être mieux avec soi, tel qu'on est.

J'ai toujours essayer de ME changer et parce que ma perception était archi-négative, je ne sais pas comment j'aurais pu vivre positivement et dans le bien-être n'importe quelle décision faite avec l'espoir de ME changer.  Je ne pouvais que souffrir.  Je me faisais la guerre.

Depuis le début de Recovery, où mon but n'est pas de ME changer, mais de m'accepter et de me donner des outils (nouveaux outils=changements!) pour le faire, j'ai changé!  Je change!  Mais ce n'est pas un combat, ce n'est pas une guerre contre moi-même.  Alors oui, comme tu dis, s'accepter est, en soi-même, un changement =)

"L'évolution ne peut se faire sans changements."  
Exactement!  Mais encore là, je ne parle pas se forcer à devenir autre avec force de volonté, d'égo, d'abnégation, de refoulement et de haine de soi.

samedi 25 janvier 2014

༺ La Théorie des cuillères ༻

La Théorie des cuillères 
de Christine Miserandino 
www.butyoudontlooksick.com 

adaptée en français par Louyse Trudel 

Ma meilleure amie et moi étions sorties pour le souper et nous bavardions. Il était
très tard et à notre habitude, nous mangions des frites dans de la sauce. Telles des
filles de notre âge, nous passions beaucoup de temps dans ce resto, pendant nos
années de collège, à parler des garçons, de la musique et d’autres choses
ordinaires qui nous semblaient tellement importantes en ce temps-là. Nous n’étions
jamais sérieuses et passions notre temps à rire et à nous amuser.

Comme il était l’heure de mes médicaments, que je m’apprêtais à prendre avec une
bouchée, comme je le faisais habituellement, elle me regardait comme si elle me
voyait pour la première fois, d’un regard neuf et un brin bizarre, plutôt que de
continuer notre conversation. Elle m’a demandé, à brûle-pourpoint, comment je me
sentais avec mon Lupus et ce que ça faisait d’être malade. Ça m’a surprise. Non
seulement parce qu’elle posait cette question, comme au hasard, mais surtout parce
que je croyais qu’elle connaissait tout ce qu’il y avait à savoir au sujet du Lupus. Elle
m’accompagnait chez le médecin, elle me voyait marcher avec une canne, elle
m’avait vue vomir dans la salle de bain. Elle m’avait vue pleurer de douleur… Qu’y
avait-il de plus à savoir?

J’ai commencé à parler rapidement des pilules, des maux et des douleurs, mais elle
ne semblait pas satisfaite des réponses que je lui apportais. J’étais encore surprise
parce qu’elle était ma colocataire et mon amie depuis des années… Je pensais
qu’elle connaissait déjà la définition médicale du Lupus. Alors, elle m’a regardée
avec une expression que chaque personne malade connaît trop bien, le visage de la
curiosité pure au sujet de quelque chose qu’une personne bien portante ne peut
vraiment comprendre. Sa vraie question était ce que je ressentais, pas
physiquement, mais ce que c’était d’être moi, d’être malade.

Comme j’essayais de me composer une attitude sereine, j’ai regardé la table pour
trouver de l’aide ou au moins, pour gagner du temps pour réfléchir à la réponse que
je lui donnerais. J’essayais de trouver les bons mots. Comment répondre à une
question à laquelle je n’avais moi-même pas encore trouvé de réponse? Comment
expliquer chaque détail de chaque journée affectée par la maladie? Comment
rendre clairement les émotions d’une personne malade? J’aurais pu laisser tomber,
et, comme d’habitude, lui servir une blague et changer de sujet, mais je me souviens
maintenant avoir pensé que si je n’essayais pas de lui expliquer, je ne pourrais jamais
m’attendre à ce qu’elle comprenne. Si je ne peux pas expliquer ceci à ma
meilleure amie, comment pourrais-je faire comprendre mon monde à qui que ce soit
d’autre? Je devais au moins essayer.

À ce moment même, la théorie des cuillères était née. J’ai rapidement pris toutes les
cuillères qui se trouvaient sur la table… J’ai aussi pris toutes les cuillères des tables
avoisinantes! Je l’ai regardée droit dans les yeux et j’ai dit : « Voici, tu as maintenant
le Lupus ». Elle m’a regardée d’un drôle d’air, décontenancée, comme n’importe qui
aurait pu l’être si on lui avait donné un bouquet de cuillères! Le métal froid des
cuillères s’entrechoquait dans mes mains, alors que je les regroupais avant de les
flanquer dans les siennes!

Je lui ai alors expliqué que la différence entre être malade et être en santé tient
dans le fait de devoir faire des choix ou d’avoir constamment à penser à des
choses dont les autres n’ont pas à se soucier. Les gens en santé ont le luxe
d’une vie sans ces choix, un cadeau que la majorité des gens tiennent pour
acquis.

La plupart des gens, particulièrement les jeunes, commencent leur journée avec une
montagne de possibilités, sans s’y arrêter, et l’énergie de faire tout ce qu’ils désirent.
Pour la plupart, ils n’ont pas à se soucier des effets de leurs actions. Alors, pour mon
explication, j’ai utilisé des cuillères pour l’illustrer. Je voulais quelque chose de
concret, qu’elle pourrait tenir et que je pourrais lui enlever, puisque chaque personne
qui tombe malade ressent une espèce de sentiment de « perte » de la vie qu’elles
avaient « avant ». Si je pouvais lui enlever des cuillères, alors elle pourrait connaître
le sentiment de voir quelqu’un ou quelque chose extérieur, dans mon cas, le Lupus,
être en contrôle.

Elle a pris les cuillères avec enthousiasme. Elle ne comprenait pas ce que je faisais,
mais mon amie était toujours partante pour avoir du plaisir. Alors je crois bien qu’elle
pensait que je lui préparais une nouvelle blague, comme je le fais habituellement en
parlant de choses un peu tabou. Elle ne savait pas encore à quel point j’étais
devenue sérieuse.

Je lui ai demandé de compter ses cuillères. Elle a demandé pourquoi et je lui ai
expliqué que quand on est en santé on croit avoir en sa possession une réserve
éternelle de « cuillères ». Cependant, comme tu dois maintenant planifier ta journée,
tu dois savoir exactement combien tu as de « cuillères » en main en partant. Et cela
ne garantit pas que tu n’en perdras pas en cours de route, mais au moins, cette
donnée aide à savoir où tu te situes au début de la journée. Elle a compté douze
« cuillères ». Elle a ri et dit qu’elle en voulait plus. J’ai dit non et j’ai su tout de suite
que ce petit jeu allait fonctionner, car elle a paru déçue, et nous n’avions même pas
encore commencé. Depuis des années, je voulais moi aussi avoir plus de
« cuillères » et je n’ai toujours pas trouvé le moyen d’en avoir plus, alors pourquoi lui
en aurais-je donné à elle? Je lui ai aussi conseillé de savoir en tout temps combien
elle en avait et de ne pas les laisser tomber, car elle devait toujours se souvenir
qu’elle avait le Lupus.

Je lui ai demandé de dresser la liste de toutes ses tâches de la journée, en incluant
même les plus simples. En listant les tâches quotidiennes, ou les choses amusantes
à faire, je lui ai expliqué comment chacune lui coûterait une cuillère. Alors qu’elle alla
directement à la tâche de se préparer pour aller travailler comme étant sa première
étape du matin, je l’ai arrêtée et lui ai retiré une cuillère. Je l’ai presque étouffée. J’ai
dit : « Non! Tu ne peux pas “juste” te lever! Tu dois faire un effort pour ouvrir tes
yeux et réaliser que tu es déjà en retard. Tu n’as pas bien dormi la nuit précédente.
Tu dois te sortir péniblement du lit et ensuite, tu dois manger avant de faire quoi que
ce soit d’autre, parce que si tu ne manges pas, tu ne pourras pas prendre tes
médicaments, et si tu ne prends pas tes médicaments, tu devras alors renoncer à
toutes tes “cuillères” de la journée et pour le lendemain! »

Je lui ai rapidement pris une cuillère et elle a réalisé qu’elle ne s’est pas encore
habillée. Prendre sa douche lui a coûté une autre cuillère, car elle devait laver ses
cheveux et raser ses jambes. Toutes ces petites choses, si tôt dans la journée,
auraient facilement pu lui coûter plus qu’une cuillère, mais j’ai voulu lui donner une
chance. Je ne voulais pas lui faire peur trop rapidement. S’habiller lui a coûté une
autre cuillère. Je l’ai arrêtée et ai divisé toutes les autres tâches pour lui démonter
qu’on doit s’attarder à chaque petit détail de la vie. Tu ne peux pas simplement
mettre n’importe quel vêtement quand tu es malade. Je lui ai expliqué que je dois
choisir mes vêtements en fonction de mon état : si mes mains sont douloureuses
aujourd’hui, je ne porterai pas quelque chose qui a des boutons. Si j’ai des
ecchymoses sur les bras, je porterai des manches longues. Si je fais de la fièvre, j’ai
besoin d’un chandail pour rester au chaud, etc. Si je perds mes cheveux, je dois
prendre plus de temps pour être présentable… Ensuite, je m’alloue encore
5 minutes pour m’apitoyer sur mon sort, car j’ai mis plus de deux heures pour
accomplir ça.

Je pense qu’elle commençait à comprendre quand, théoriquement, elle n’était même
pas partie travailler et il ne lui restait plus que 6 cuillères entre les mains. Ensuite, j’ai
expliqué à mon amie qu’elle devait maintenant choisir les activités du reste de sa
journée avec parcimonie, car lorsque les « cuillères » ont disparu, elles ne
reviennent pas! Il arrive qu’on puisse emprunter les cuillères du lendemain… mais il
faut penser combien demain sera difficile, car il y aura encore moins de « cuillères ».
Je devais aussi lui expliquer qu’une personne malade vit toujours avec cette pensée
que le lendemain pourrait apporter un rhume ou une infection, ou nombre de choses
potentiellement dangereuses pour elle. Alors, on ne veut pas être à court de
« cuillères », parce qu’on ne sait pas quand on en aura vraiment besoin. Je ne
voulais pas la rendre morose, mais je me devais d’être réaliste et,
malheureusement, être préparée pour le pire demeure une tâche de chaque jour
pour moi.

Nous avons poursuivi avec le reste de la journée et elle a lentement appris que
sauter un repas lui coûtera une cuillère, tout comme rester debout dans le train, ou
même travailler trop longtemps à l’ordinateur sans pause. Elle a été forcée de faire
des choix et de voir les choses différemment. Dans notre hypothèse, elle a dû
choisir de ne pas faire de courses en rentrant de travailler pour avoir la force de
souper ce soir-là.

Quand nous sommes arrivées à la fin de sa pseudo-journée, elle a dit qu’elle avait
faim. Sommairement, je lui ai rappelé qu’il ne lui restait qu’une seule « cuillère ». Si
elle cuisinait, elle n’aurait pas assez d’énergie pour récurer les casseroles. Si elle
allait au restaurant, il se pourrait qu’elle soit trop fatiguée pour pouvoir conduire
prudemment jusqu’à la maison. J’ai ajouté que je n’irais pas jusqu’à inclure au jeu
qu’elle aurait probablement la nausée, donc que cuisiner était hors de question.
Alors, elle a décidé de réchauffer de la soupe en boîte. C’était facile. Ensuite, je lui ai
dit qu’il était maintenant 19 h seulement… et qu’elle avait le reste de la soirée, avec
sa « cuillère », qu’elle pouvait faire quelque chose de plaisant, ou faire le ménage de
son appartement, ou autre chose, mais qu’elle ne pouvait pas tout faire.

Mon amie exprime rarement ses émotions. Alors, lorsque j’ai vu à quel point elle
était bouleversée, j’ai compris qu’à son tour elle avait compris. Je ne voulais pas la
troubler, mais j’étais heureuse de penser que peut-être, finalement, quelqu’un me
comprenait un peu. Elle avait des larmes dans les yeux quand elle m’a demandé
doucement : « Christine, comment fais-tu? Fais-tu vraiment ça tous les jours? » J’ai
expliqué que certains jours étaient pires que d’autres, et que certains jours, j’avais
plus de « cuillères » que d’autres. Mais ça ne disparaîtra jamais et je ne peux pas
vivre sans y penser. Je lui ai tendu une cuillère que j’avais gardée en réserve. Je lui
ai dit simplement : « J’ai appris à vivre ma vie en tentant d’avoir une “cuillère”
supplémentaire dans ma poche, en réserve. Il faut toujours être prêt. »

C’est difficile, la chose la plus dure que j’ai eue à apprendre a été de ralentir et de ne
pas tout faire. Je me bats contre ça depuis tout ce temps. J’ai horreur de me sentir à
part, de devoir choisir de rester à la maison, ou de ne pas faire les choses que je
voudrais faire. Je voulais qu’elle ressente ma frustration. Je voulais qu’elle
comprenne que tout ce que les autres font est facile, mais que pour moi, chaque
chose est divisée en une multitude de petites tâches à accomplir. Je dois penser à la
météo, à ma température, et la journée entière doit être planifiée avant même que je
puisse attaquer la moindre tâche. Alors que les autres personnes peuvent faire les
choses simplement, je dois attaquer et faire un plan, comme si j’étais une stratège
planifiant une guerre. C’est dans cette façon de vivre que réside la différence entre
être malade et être en santé. Il y a cette belle habileté de ne pas avoir à penser et
pouvoir agir. Je m’ennuie de cette liberté. Je m’ennuie de ne pas avoir à compter
mes « cuillères ».

Ensuite, nous avons parlé de nos émotions et nous en avons discuté encore un peu.
Et j’ai senti qu’elle était triste. Peut-être avait-elle vraiment compris? Peut-être avait-
elle réalisé qu’elle ne pourrait jamais dire honnêtement qu’elle comprenait vraiment?
Au moins maintenant, peut-être qu’elle ne se plaindrait plus lorsque je ne pouvais
pas sortir le soir, ou parce que je n’allais jamais chez elle et qu’elle devait toujours
venir chez moi. Je lui ai fait un câlin et nous sommes sorties du restaurant. Il me
restait cette cuillère dans ma main et je lui ai dit : « Ne t’en fais pas. Je vois ceci
comme une bénédiction. Je suis forcée de penser à tout ce que je fais. Sais-tu
combien de “cuillères” les gens gaspillent chaque jour? Dans ma vie, il n’y a pas de
place pour du temps perdu, pour des “cuillères” gaspillées et j’ai choisi de passer ce
temps avec toi. »

Depuis cette soirée, j’ai utilisé la « Théorie des cuillères » pour expliquer ma vie à
plusieurs personnes. En fait, ma famille et mes amis se réfèrent toujours aux
cuillères. C’est devenu un code entre nous pour ce que je peux et ce que je ne peux
pas faire. Dès que les gens comprennent la « Théorie des cuillères », ils semblent
me comprendre un peu mieux et je crois qu’ils vivent également leur vie un peu
différemment. Je crois que cette explication n’est pas uniquement utile pour
comprendre le Lupus, mais également pour comprendre tous ceux vivant avec un
handicap ou une maladie. J’espère que les gens ne tiennent plus autant pour acquis
leur vie. Je donne un morceau de moi, dans chaque sens du mot, quand je fais quoi
que ce soit. C’est devenu une plaisanterie partagée avec mes proches, c’est une de
mes maximes célèbres, lorsque je leur dis qu’ils devraient se compter chanceux
quand je passe du temps avec eux, parce qu’ils ont une de mes « cuillères ».

© 2003 by Christine Miserandino Butyoudontlooksick.com

Version originale anglaise, The Spoon Theory

mardi 21 janvier 2014

༺ Trouble Obsessif Compulsif (OCD) ༻

Qu'est-ce que le Trouble Obsessionnel-compulsif (TOC / OCD)


Définition

Le Trouble obsessionnel-compulsif (TOC / OCD en anglais) est un trouble du cerveau et du comportement. Il provoque une anxiété sévère chez les personnes atteintes. Le TOC implique à la fois des obsessions et des compulsions qui prennent beaucoup de temps et empêchent de profiter pleinement de la vie.
Imaginez que votre esprit est resté coincé sur une certaine pensée ou image ...
Et qu'ensuite, cette pensée ou image sont rejouées dans votre esprit à répétition.
Vous ne voulez pas de ces pensées - vous les ressentez comme une avalanche. 
Avec ces pensées viennent une anxiété intense.

L'anxiété est le système d'alerte du cerveau. Lorsqu'on se sent anxieux, c'est que le cerveau sent qu'on est en danger. L'anxiété est une émotion qui nous dit qu'il faut répondre, réagir, se protéger, qu'il faut faire quelque chose!

D'un côté, on peut reconnaître que la peur ne fait aucun sens, qu'elle ne semble pas raisonnable, cependant, on la ressent comme très réelle, intense, et vraie.

Pourquoi le cerveau mentirait-il?

Pourquoi avoir ces sentiments s'ils ne sont pas vrais?  Les sentiments ne mentent pas, non?

Malheureusement, si on est atteint du TOC, ils mentent.  Quand on a le TOC, le système d'alarme du cerveau ne fonctionne pas correctement.  Le cerveau envoie un signal de danger quand il n'y a pas de danger.

Quand on compare l'image du cerveau d'un groupe atteint du TOC, on peut voir que certaines régions sont différentes des mêmes régions du cerveau chez les personnes non atteintes.


Comprendre les obsessions et les compulsions du Trouble Obsessif Compulsif

Les obsessions sont des pensées, images ou impulsions involontaires / incontrôlables qui apparaissent à esprit de façon répétitive. Ce sont des idées non-désirées qu'on ne peut arrêter.  Malheureusement, ces pensées obsessionnelles sont souvent troublantes et/ou gênantes.

Les compulsions sont des comportements ou des rituels qu'on se sent poussé à réaliser de façon répétitive. Habituellement, les compulsions sont effectuées pour tenter de faire disparaître les obsessions. Par exemple, quelqu'un ayant peur de la contamination pourra développer des rituels de nettoyage élaborés. Toutefois, le soulagement ne dure jamais. En fait, les pensées obsessionnelles reviennent généralement en force et les comportements compulsifs finissent souvent par causer eux-mêmes de l'anxiété en devenant plus exigeants et en demandant de plus en plus de notre temps.  Les personnes atteintes du TOC réalisent que les compulsions ne sont qu'une solution temporaire, mais sans autre façon de faire face, elles sont dépendantes de ces compulsions comme moyen de fuir temporairement.

La plupart des gens souffrant du TOC tombent dans l'une des catégories suivantes au niveau obsessionel:

LE LAVAGE

De la peur de contamination.  Les compulsions  peuvent être, par exemple, de laver ses mains ou des objets à répétition.

LE DOUTE ET LE PÉCHÉ (Scrupulosité)

Peur que si quelque chose n'est pas fait parfaitement ou de la bonne façon, des conséquences terribles surviendront ou on sera puni. Intolérance face à l'incertitude et le développement de rituels répétitifs pour tenter de réduire l'anxiété qui en résulte.  Peut aussi être une emphase excessive sur les idées morales ou religieuses, sur ce qui est Bien ou Mal. Des compulsions qui y sont possiblement liées: prier excessivement ou se livrer à des rituels déclenchées par la crainte (religieuse, spirituelle, philosophique).

LA SYLLOGOMANIE (en anglais, Hoarders)

Personnes collectant plusieurs types d'objets et ayant de la difficulté à s'en débarrasser. Elles peuvent concerner une seule catégorie d'objet ou tous les objets sans différenciation. Cela s'appelle aussi le TOC des « amasseurs » ou des « collecteurs ». Aussi appelé le "trouble d'accumulation compulsive".

LES TOC D'ORDRE

Personnes obsédées par la symétrie, l'ordre et le rangement. Parfois, le lavage compulsif ne provient pas d'une phobie et fait donc partie de cette catégorie.Les personnes se sentent obligés de tout ranger.  Certaines superstitions possibles au sujet de nombres, de couleurs ou d'ordre.

LES COMPULSIONS CACHÉES (OU COMPULSIONS COGNITIVES)

Les compulsions mentales caractérisent tous les TOC n'entraînant aucun rituel se manifestant par une action physique, « tout se passe dans la tête ».

- Se répéter sans cesse des phrases (parfois sous forme de prières répétitives)...
- Se répéter sans cesse un ou plusieurs mots, nombres...
- Calculer incessamment, additionner, retrancher...
- "Annuler" ou "Défaire" (exemple:  remplacer un "mauvais" mt par un "Bon" mot pour annuler les répercussions...

LA RUMINATION

La rumination se caractérise par un ressassement permanent d'idées dans sa tête. Elle se différencie de la compulsion cachée pure car elle concerne des idées plutôt que des choses abstraites, et peut être accompagnée de rituels. La personne sait au fond d'elle-même qu'elle n'adhère pas à ces idées, mais se contraint tout de même à s'interroger dessus. Ruminations les plus courantes :

- Peur d'aller en prison
- Peur d'être homosexuel ou de ne plus l'être
- Peur d'être polygame
- Peur de ne plus aimer quelqu'un
- Questionnements méta-physiques permanents (par exemple sur la mort, la mémoire, la paternité, etc.)

AUTRES SYMPTÔMES

- Troubles du comportement alimentaire (Anorexie, Boulimie, Orthorexie)
- S'arracher des mèches de cheveux (Trichotillomanie)
- Se triturer, se gratter les imperfections du visage ou du corps (acné excoriée ou dermatillomanie ou grattage compulsif)
- Se ronger les ongles (Onychophagie)
- Achats incontrôlés et excessifs
 - Avoir peur de toucher certaines choses lorsqu'on passe devant
- Toucher certaines choses un nombre de fois pair ou impair
- Déplacer et replacer des objets (sentiment qu'ils sont mal rangés ou mal positionnés)
- Éviter de marcher sur des lignes au sol
- Le comptage (le fait de compter tout et n'importe quoi)

_________________________________________________________________________
Sources:
  •  S. Wilhelm and G. S. Steketee's, "Cognitive Therapy for Obsessive-Compulsive Disorder: A Guide for Professionals"
  • International OCD Foundation (x)
  • Scrupulosity (OCD Foundation) (x)
  • Mental Compulsions | Behavioral Wellness Counseling Clinic, LLC
  • Reassurance Seeking Rituals in OCD | Dr. Steven Seay Ph.D. Licensed Psychologist
  • Beyond OCD (x)

vendredi 17 janvier 2014

༺ Le(s) but(s) de Recovery ༻


Le but de Recovery n'est pas de se débarrasser d'un trouble de l'alimentation.  Ce n'est pas un rhume. Le but est plutôt de changer tes comportements et de les utiliser pour qu'ils profitent à ta vie, qu'ils te profitent à toi.  Le but est de réaliser que TU comptes, et que tu es méritante, que tu as toujours eu, et aura toujours, une valeur.  Sans condition.  
| Stephani O. |

mercredi 15 janvier 2014

༺ Le culte de la discipline ༻

Le culte de la discipline:  Tout régime étant chargé de dogmatisme, de règles, ou de motivations négatives. Conséquemment, les dogmes puissants et la poursuite de règles rigides éliminent le plaisir de manger. Au lieu d'être une expérience agréable dont le but est de vivifier, manger devient un exercice stressant et /ou un exercise de l'ego, puisqu'on tente de se conformer aux règles et dogmes du régime "idéal " (habituellement restrictif).
Un exemple du culte de la discipline est un régime cru à 100% principalement motivé par une (forte) crainte obsessionnelle (des aliments cuits, protéines, ou mucus)*, et qui accorde une importance extrême aux détails - par exemple, la nourriture est-elle assez bonne? (100% bio? Fraiche? Locale? Saisonnière?), Ai-je combiné correctement? Ai-je suffisamment mâché les aliments? Etc. Cette préoccupation obsessionnelle aux détails favorise le stress plutôt que de le nourrissement.
[ ... ] Pour éviter le culte de la discipline , il faut avoir des motivations et une attitude positives, des attentes réalistes, et s'aimer soi-même assez pour voir clairement que notre santé totale/globale (physique, mentale et spirituelle) est beaucoup plus importante que n'importe quel dogme - végétalien, crudiste, ou macrobiotique.
- Tom Billings, Clarifying Orthorexia
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*gras, protéines animales, etc.



༺ Sagesse de Johnny #1 ༻

Les régimes restrictifs n'attirent pas les gens qui ont une relation saine avec la nourriture, ou une relation saine avec eux-mêmes. Manger n'est pas censé être (si) difficile. Manger n'est pas censé provoquer des tensions, ou de la rigidité ou être si empreint de règles ou demander autant de calculs pour assurer l'équilibre nutritionnel.  Manger n'est pas censé déclencher de l'anxiété, de la peur ou t'isoler socialement. Une attitude saine envers la nourriture et envers toi-même ne devrait pas t'inciter ou t'encourager à te demander autant de sacrifices et ne devrait pas être aussi fixé sur la poursuite d'une perfection éthique, perfection qui n'est même pas possible!  Nous n'aurions jamais évolué comme espèce si ce niveau de contrôle avait toujours été nécessaire pour s'alimenter. Tout régime qui exige ou encourage un tel niveau de contrôle fait des victimes. Physiquement et mentalement.


vendredi 10 janvier 2014

༺ Recovery: "Être consciente" de son problème, ce n'est pas "faire face" au problème

Suite à ce que j'ai raconté plus tôt cette semaine au sujet du fait que je coupais les coins ronds avec les collations et l'heure de mes repas, (Troubles de l'alimentation, rechute et confiance en soi)  il y a une modification pour moi à faire.

Lori avait des choses importantes à dire ce matin et je ne peux que m'incliner et accepter de modifier quelque chose puisque je tiens vraiment à mon Recovery.

1. C'est une bonne chose pour moi d'être capable d'avouer que je coupe les coins ronds et d'être consciente que je coupe les coins ronds parce que je suis capable de présenter ma résistance avec authenticité et donc je montre que je tente de me tenir plus responsable. Le fait d'en parler avec honnêteté est déjà un signe que j'essaie de renverser ED et mes actions alimentaires désordonnées. Donc, sur ce point, Bravo moi.

Mais il était aussi important pour moi de me faire dire que:

2.  "Being Aware of your shit and Dealing with your shit are two completely different things."




(Être Consciente de "ma merde" et M'occuper de "ma merde" sont deux choses complètement différentes.)

L'honnêteté de mon aveu, la conscience que je coupe les coins ronds, ne change pas le fait que le travail a quand même besoin d'être fait.  Honnêteté d'accord, mais ce n'est pas assez bon en Recovery, quand on veut vraiment Recover.
Message reçu.  

Si je veux vraiment Recover, je ne peux pas couper les coins ronds.  Ça n'apporte rien de positif face à mes pensées, rien de positif pour mon équilibre médical ni rien de positif face au succès du traitement. Couper les coins ronds, c'est aussi me pièger à rechuter plus tard.  La peur d'engraisser, je dois la confronter tout le temps et accepter que mon corps changera s'il a besoin de le faire pour retrouver son propre équilibre.

Le problème à surveiller est qu'un Recovery de 80% peut rapidement devenir un Recovery de 0%.
C'est une pente dangeureuse.
Dans un sens, c'est presque plus dangeureux de se sentir être "à une meilleure place qu'avant" mais ne pas vraiment être à la place où on devrait être.  Parce qu'il est alors facile de lancer un soupir de soulagement et ressentir qu'on peut maintenant relaxer, et de là, d'arrêter de faire des efforts.
Si je me sens mieux qu'avant, je deviens moins inquiète et ma motivation à guérir baisse.

Il est tellement facile de se faire prendre en pensant qu'en étirant un repas ici et là, ou en coupant une collation une fois de temps en temps (ou tout le temps!), on n'a pas tellement changé le programme.  Parce qu'au moins, on mange encore nos trois repas par jour, n'est-ce pas?  Mais c'est encore un signe qu'on est prêt à ne pas se nourrir.  Plus je modifie ou coupe sur un repas ou une collation, plus je maintiens le pattern qui me met en danger au bout du compte. 

Le Recovery, c'est un travail à temps plein et je mérite mieux que de vivre avec des pensées désordonnées toute ma vie.





jeudi 9 janvier 2014

༺ Se sentir belle | Se sentir laide ༻



༺ Sortir de son placard: authenticité et vulnérabilité ༻



J'ai envie de m'inventer une baguette magique pour aider tous ceux qui ne comprennent pas l'anglais à visionner ce vidéo, pour ne pas manquer toutes les perles de sagesse dans la présentation TEDx de Ash Beckham.  Mais comme je ne réussis pas à matérialiser mes inventions magiques, en voici quelques-unes:

 ༺ Nous vivons tous dans au moins un placard. Ton placard peut être de ne pas encore avoir dit à quelqu'un que tu l'aimes, ou que tu es enceinte, ou que tu as un cancer, un trouble de l'alimentation, ou autre.  Ou il peut être n'importe quelle conversation difficile qu'on peut devoir avoir au cours de sa vie.  Un placard, c'est une conversation dont on a peur.

༺ Même si la couleur de nos placards peuvent varier grandement, l'expérience d'être dans un placard et d'en sortir est une expérience universelle.  C'est épeurant, on haït ça mais il faut le faire.

༺ On a tendance à vouloir donner des raisons pour expliquer pourquoi il est plus difficile de sortir du placard A que du placard F mais Difficile, c'est Difficile.  Qui peut prouver s'il est plus difficile de déclarer à quelqu'un qu'on vient de déclarer faillite que d'annoncer à quelqu'un qu'on l'a trompé?  Qui peut prouver qu'il est plus difficile d'annoncer à sa famille qu'on est homosexuel que d'expliquer à son enfant de 4 ans qu'on divorce son père?  Il n'y a pas de "Plus difficile", il y a seulement "Difficile".  On doit arrêter de mesurer notre difficile au difficile de l'autre pour nous faire sentir mieux ou moins bien au sujet de notre placard et compatir du fait qu'on a tous quelque chose de difficile à affronter.

༺ Notre placard peut nous faire nous sentir en sécurité, ou du moins, plus en sécurité que si on était de l'autre côté de la porte, mais peu importe de quoi sont fait les murs, un placard n'est pas un bon endroit où vivre.

༺  Alors pourquoi est-ce si difficile de sortir de notre placard?  Pourquoi est-ce si difficile d'avoir ces conversations?  Parce que c'est stressant.  Le stress vient du fait qu'on est inquiet de la réaction de l'autre face à notre nouvelle.  Seront-ils tristes?  En colère?  Déçus?  Perdra-t-on un ami? Un amoureux?  Ces conversations créent du stress.  Ash explique le stress, son contexte historique, le rôle des hormones du stress et des organes impliqués ainsi que de l'effet du stress à long terme sur la santé de tout le corps, considérant qu'on reste avec Le Stress du Placard plus longtemps que si on était stressé momentanément parce qu'on doit se sauver d'un mammouth.  Le stress chronique est souvent impliqué dans la dépression, l'anxiété, les maladies du coeur, le cancer, les problèmes de sommeil, etc.
Alors lorsqu'on n'a pas ces conversations difficiles, quand on garde notre vérité en secret, on tient une grenade.

༺  Ash raconte ensuite comment était sa vie, il y a vingt ans, alors qu'elle était dans son placard à tenir sa "grenade gai". Elle dit que sortir de son placard a été la chose la plus épeurante qu'elle ait jamais fait.

༺  Je ne tiens pas la même grenade mais je peux tellement la comprendre lorsqu'elle dit:  "J'ai passé toute ma vie à essayer de ne pas décevoir ces gens, ma famille, mes amis, de parfaits inconnus, et sortir, c'était virer le monde à l'envers.  Délibérément.  Je brûlais les pages du scénario que nous tenions tous depuis SI longtemps mais si tu ne lances pas cette grenade, elle va te tuer."

༺ En sortant de son placard, en racontant son histoire, il faut rester ouvert et accepter sa vulnérabilité, même en faisant face à la vulnérabilité de l'autre qui peut ne pas réagir parfaitement.  En étant vrai avec quelqu'un, il faut être prêt à ce que l'autre soit vrai en retour. (N'est-ce pas exactement une des raisons pourquoi l'idée de sortir de son placard et d'être vrai nous cause autant de stress et donc nous porte à rester dans notre placard? )

༺  Les 3 Principes de Ash (ce que ça prend pour sortir de notre placard)

  1. Sois authentique. Enlève ton armure, sois toi.  N'arrive pas prêt pour une bataille si la personne devant toi n'est pas armée.  Si tu veux que quelqu'un soit vrai avec toi, ils ont besoin de savoir que tu saignes aussi.
  2. Sois direct.  Dis-le.  Arrache le Band Aid. Tu sais qui tu es, dis-le.  Ne dis pas "il est possible que je sois xyz" en donnant ainsi l'impression que les choses vont peut-être changer.  Ne donne pas de faux espoirs.
  3. Le plus important:  N'aie pas honte.  Tu présentes la vérité de ce que tu es.  Ne t'en excuse jamais. Si des gens ont été blessés par tes actions au cours des années, oui, excuse-toi de ce que tu as fait mais NE T'EXCUSE JAMAIS POUR QUI TU ES. Oui, certaines personnes peuvent être déçues, mais c'est leur problème, pas le tien. Cela est dû à leurs attentes face à ce que tu es.  C'est leur histoire, pas la tienne.  La seule histoire qui compte, c'est l'histoire que tu veux écrire.
༺ La prochaine fois où tu te retrouveras entourée par la noirceur de ton placard, tenant ta grenade, sache qu'on passe tous par là.  On peut se sentir absolument seul mais on ne l'est pas.  C'est difficile mais on a tous besoin les uns des autres, à l'extérieur de nos placards, peu importe de quoi en sont fait les murs. Parce qu'il est absolument certain qu'il y a d'autres personnes comme nous qui regardent par le trou de serrure de la porte de leurs placards et qui ont besoin de voir la prochaine âme courageuse sortir de son placard pour avoir le courage de sortir elles aussi.  Sois cette personne courageuse.  Montre au monde entier que nous sommes tous plus grands que nos placards.

Un placard, ce n'est pas un endroit où on peut vraiment vivre.

༺ Droit à l'affirmation de soi ༻


"Les messages que tu as reçus de ta famille ou de tes expériences d'enfant peuvent t'avoir fait croire que l'affirmation de soi est inacceptable, voire dangereuse.
Pratique-toi et répétant les choses suivantes: j'ai le droit d'être traité avec respect par les autres. J'ai le droit d'exprimer mes sentiments et mes opinions. J'ai le droit de dire non sans me sentir coupable. J'ai le droit d'exprimer et de demander ce que je veux. J'ai le droit de faire mes propres erreurs. J'ai le droit de travailler à mon bonheur ". 
| Beverly Engel | Nice Girl Syndrome |

1.  J'ai le droit d'être traité avec respect par les autres:  à chaque moment, par ce que j'accepte de leur part, j'enseigne aux autres comment me traiter.

note:  Je mérite et suis toujours digne de respect.

2. J'ai le droit d'exprimer mes sentiments et mes opinions:  non seulement aux êtres chers, mais aussi et même si c'est beaucoup plus difficile, aux membres de ma famille, aux amis, copains, connaissances, voisins, co-équipiers, àux intervenants de la santé, aux caissières chez IGA, à la personne qui offre les allos et les b-byes chez Target, à de parfaits inconnus au parc, etc.

note:  Ils méritent et sont toujours digne de respect.

3.  J'ai le droit de dire non sans me sentir coupable:  J'ai le droit de dire non sans donner d'explication.  Non est une phrase complète.  J'ai le droit de dire non à tout ce qui ne me convient pas ou qui me donne un mauvais "feeling" sans devoir fournir de papier du médecin.

4.  J'ai le droit d'exprimer et de demander ce que je veux:  les autres ne peuvent pas lire dans mes pensées.  Si j'ai besoin d'aide d'une façon spécifique, je le dis.  

5. J'ai le droit de faire mes propres erreurs:  étant donné que je ferai des erreurs quoi que je fasse, aussi bien m'en donner la permission. 

6. J'ai le droit de travailler à mon bonheur: sans culpabilité.  Ce n'est pas être centré sur soi, ce n'est pas être narcissiste, ce n'est pas être égoïste, c'est de la santé mentale.

mercredi 8 janvier 2014

༺ Tout Body est un bon Body #1



Tatiana Gaiao-By Victoria Janashvili

Les chercheurs ont constaté que l'exposition continue à certaines idées peut façonner et fausser notre perception de la réalité. Combien de corps nus pouvons-nous voir sur une base régulière dans la vraie vie - sans compter ce qui nous est présenté dans les médias? Très peu. Mais si les femmes ou les hommes consomment un régime régulier de magazines de mode ou de pornographie, ils rencontrent plus de corps de femmes nues ou semi-nus qu'ils en rencontreraient autrement - des corps des femmes modifiés digitalement et rehaussés par la chirurgie plastique. Il n'est pas surprenant que dans notre culture cimentée par les médias, notre point de vue concernant ce à quoi devrait ressembler un corps de femme est dénaturé.
| EtcoffSurvival of the Prettiest |

... Pour moi, pour toi, et pour toutes les générations de petites filles qui méritaient et méritent toujours de recevoir de meilleurs messages ...

The Histoire de Curbes, Pulp Fashion Week Show(lle-de-France, France)


༺ Non est une phrase complète ༻



Non merci. Point.

༺ Jamais en paix ༻




"J'ai détruit mon corps pour une paix de l'esprit que je n'ai jamais eue."


mardi 7 janvier 2014

༺ Quand on se sent abandonné ou négligé ༻



Quand les gens autour de nous ne sont pas capables de communiquer et vraiment s'ouvrir, vraiment nous laisser entrer, c'est facile de se sentir abandonné ou négligé.  Et on a souvent tendance à le prendre personnellement et en faire une réflexion de notre valeur.
Mais il est important de se rappeler que les autres sont aussi pris par leur propres luttes, leurs propres challenges et responsabilités, leurs anxiétés.  À certaines périodes dans nos vies, nous sommes tous occupés ou centrés sur nous-mêmes. Ça ne veut pas dire que si nous n'arrivons pas à avoir l'attention de quelqu'un durant une de ces périodes, cela relève d'une défaillance de notre part, ou que nous sommes invisibles ou indignes d'amour ou d'attention.
Avec ou sans l'attention, la reconnaissance ou l'amour de quelqu'un, nous avons toujours, à la base, une valeur.
Nous sommes assez.

༺ Abandonner ༻



"Abandonner quelque chose qui ne te sert plus, ou qui ne te protège plus, ou qui ne t'aide plus (ou qui te fait du tort), ce n'est pas abandonner du tout, c'est grandir."

| Laurell K. Hamilton, Incubus Dreams |


༺ Dogmes = doutes ༻



Nous ne sommes jamais dédiés à quelque chose en laquelle nous avons entièrement confiance.  Personne ne crie fanatiquement que le soleil va se lever demain.  Il sait qu'il va se lever demain.  Quand les gens sont fanatiquement dédiés à leurs croyances politiques ou religieuses, ou à n'importe quelle sorte de dogmes ou d'objectifs, c'est toujours parce qu'ils mettent en doute ces dogmes ou ces objectifs.

| Robert M. Pirsig, Zen and the Art of Motorcycle Maintenance: An Inquiry Into Values |


༺ Apprendre à être confortable avec les questions sans réponses... ༻





"Je préfère avoir des questions auxquelles on ne peut pas répondre que des réponses qu'on ne peut pas remettre en question."

| Richard Feynman |


༺ When I Loved Myself Enough ༻



Quand je me suis aimée suffisamment, j'ai commencé à laisser tout ce n'était pas sain. Cela signifiait laisser des personnes, des emplois, mes propres croyances et habitudes - tout ce qui me gardait petite. Mon jugement qualifiait cela de déloyal. Maintenant, je le vois cela comme étant l'amour de soi.

| Kim McMillen |


༺ Troubles de l'alimentation, rechutes et confiance en soi ༻



L'alimentation intuitive - ou le nom que vous voudrez bien donner à la notion radicale de manger ce que vous voulez quand vous avez faim, et arrêter quand vous êtes plein - demande que nous faisions confiance à notre corps. La plupart des femmes apprennent très tôt et à répétition que leur corps n'est jamais digne de confiance, que leur corps a besoin une réglementation stricte, surtout quand il s'agit de désirs, que ce soit le désir de nourriture ou de sexe. En conséquence, l'apprentissage de la confiance en son corps est déjà assez difficile, mais quand vous ajoutez un passé qui inclut des traumatismes et des abus, il devient encore plus difficile. Mais votre corps EST digne de confiance. Je vous le promets. Votre corps n'est pas votre ennemi. 
| Lesley Kinzel, à propos de troubles de l'alimentation, les rechutes, et la confiance en soi |  via ellielamothe |


Un problème rencontré chez beaucoup de personnes en traitement pour un trouble de l'alimentation (ED - Eating Disorder), dont moi, et aussi chez beaucoup de Yo-yo Dieters c'est qu'il n'existe souvent plus de signaux de faim ou de satiété. Il faut réapprendre, réentraîner son corps à manger.

Une de mes premiers devoirs a été de ne plus sauter de repas, cad, manger trois repas par jours, à heure fixe. Et ensuite à inclure 3 collations.
Physiquement et mentalement, c'était un peu l'enfer. Me préparer à manger et m'assoir devant une assiette alors que je n'avais pas faim, c'était triggering et les pensées désordonnées s'encourageaient mutuellement.

Aussi, manger trois repas par jour et ensuite ajouter à ça des collations ça pique la terreur d'engraisser (encore plus) avec une fourche, ce qui triggerait encore plus de pensées désordonnées.

Même si mes signaux de faim sont revenus et que je mange mes trois repas par jour sans ne plus sauter de repas (même si je flirte souvent avec l'idée en étirant le délai entre les repas), j'ai encore beaucoup de difficulté avec les collations. Je me bats contre l'idée de prendre une collation de façon presque automatique parce que la peur est trop kick-ass et je fuis-fuis-fuis au lieu de prendre le temps de faire face.

En conséquence, lorsque l'heure du diner ou du souper arrive, je suis rendue "trop loin dans ma faim" et il est beaucoup plus difficile de rester présente à mon repas.  J'ai donc tendance à manger plus vite, à être déconcentrée, à rechercher les distractions en mangeant, etc, ce qui active d'autres pensées désordonnées. Sans compter que si on n'est pas présent, on ne peut pas entendre son corps dire "ok là, j'ai pu faim".

Pour combattre ce cercle vicieux, il faut être capable de faire face à la peur et à agir malgré elle... mais la plupart du temps j'en suis encore incapable.
 Ce qui fait que:
-  mon corps ne peut pas encore m'envoyer de signal de faim pour les collations;
Ce qui fait que:
- c'est encore trop tôt pour parler de confiance en mon corps même si je suis de plus en plus appréciative de tout ce qu'il a fait pour me protéger et me supporter jusqu'ici.

Et ce même si je suis consciente que JE sabote encore trop souvent le processus.

Alors un des buts pour Janvier est d'ajouter UNE collation.  Partir de là.  Et hopefully, savourer la différence que ça pourra peut-être faire.