vendredi 10 janvier 2014

༺ Recovery: "Être consciente" de son problème, ce n'est pas "faire face" au problème

Suite à ce que j'ai raconté plus tôt cette semaine au sujet du fait que je coupais les coins ronds avec les collations et l'heure de mes repas, (Troubles de l'alimentation, rechute et confiance en soi)  il y a une modification pour moi à faire.

Lori avait des choses importantes à dire ce matin et je ne peux que m'incliner et accepter de modifier quelque chose puisque je tiens vraiment à mon Recovery.

1. C'est une bonne chose pour moi d'être capable d'avouer que je coupe les coins ronds et d'être consciente que je coupe les coins ronds parce que je suis capable de présenter ma résistance avec authenticité et donc je montre que je tente de me tenir plus responsable. Le fait d'en parler avec honnêteté est déjà un signe que j'essaie de renverser ED et mes actions alimentaires désordonnées. Donc, sur ce point, Bravo moi.

Mais il était aussi important pour moi de me faire dire que:

2.  "Being Aware of your shit and Dealing with your shit are two completely different things."




(Être Consciente de "ma merde" et M'occuper de "ma merde" sont deux choses complètement différentes.)

L'honnêteté de mon aveu, la conscience que je coupe les coins ronds, ne change pas le fait que le travail a quand même besoin d'être fait.  Honnêteté d'accord, mais ce n'est pas assez bon en Recovery, quand on veut vraiment Recover.
Message reçu.  

Si je veux vraiment Recover, je ne peux pas couper les coins ronds.  Ça n'apporte rien de positif face à mes pensées, rien de positif pour mon équilibre médical ni rien de positif face au succès du traitement. Couper les coins ronds, c'est aussi me pièger à rechuter plus tard.  La peur d'engraisser, je dois la confronter tout le temps et accepter que mon corps changera s'il a besoin de le faire pour retrouver son propre équilibre.

Le problème à surveiller est qu'un Recovery de 80% peut rapidement devenir un Recovery de 0%.
C'est une pente dangeureuse.
Dans un sens, c'est presque plus dangeureux de se sentir être "à une meilleure place qu'avant" mais ne pas vraiment être à la place où on devrait être.  Parce qu'il est alors facile de lancer un soupir de soulagement et ressentir qu'on peut maintenant relaxer, et de là, d'arrêter de faire des efforts.
Si je me sens mieux qu'avant, je deviens moins inquiète et ma motivation à guérir baisse.

Il est tellement facile de se faire prendre en pensant qu'en étirant un repas ici et là, ou en coupant une collation une fois de temps en temps (ou tout le temps!), on n'a pas tellement changé le programme.  Parce qu'au moins, on mange encore nos trois repas par jour, n'est-ce pas?  Mais c'est encore un signe qu'on est prêt à ne pas se nourrir.  Plus je modifie ou coupe sur un repas ou une collation, plus je maintiens le pattern qui me met en danger au bout du compte. 

Le Recovery, c'est un travail à temps plein et je mérite mieux que de vivre avec des pensées désordonnées toute ma vie.