mardi 7 janvier 2014

༺ Troubles de l'alimentation, rechutes et confiance en soi ༻



L'alimentation intuitive - ou le nom que vous voudrez bien donner à la notion radicale de manger ce que vous voulez quand vous avez faim, et arrêter quand vous êtes plein - demande que nous faisions confiance à notre corps. La plupart des femmes apprennent très tôt et à répétition que leur corps n'est jamais digne de confiance, que leur corps a besoin une réglementation stricte, surtout quand il s'agit de désirs, que ce soit le désir de nourriture ou de sexe. En conséquence, l'apprentissage de la confiance en son corps est déjà assez difficile, mais quand vous ajoutez un passé qui inclut des traumatismes et des abus, il devient encore plus difficile. Mais votre corps EST digne de confiance. Je vous le promets. Votre corps n'est pas votre ennemi. 
| Lesley Kinzel, à propos de troubles de l'alimentation, les rechutes, et la confiance en soi |  via ellielamothe |


Un problème rencontré chez beaucoup de personnes en traitement pour un trouble de l'alimentation (ED - Eating Disorder), dont moi, et aussi chez beaucoup de Yo-yo Dieters c'est qu'il n'existe souvent plus de signaux de faim ou de satiété. Il faut réapprendre, réentraîner son corps à manger.

Une de mes premiers devoirs a été de ne plus sauter de repas, cad, manger trois repas par jours, à heure fixe. Et ensuite à inclure 3 collations.
Physiquement et mentalement, c'était un peu l'enfer. Me préparer à manger et m'assoir devant une assiette alors que je n'avais pas faim, c'était triggering et les pensées désordonnées s'encourageaient mutuellement.

Aussi, manger trois repas par jour et ensuite ajouter à ça des collations ça pique la terreur d'engraisser (encore plus) avec une fourche, ce qui triggerait encore plus de pensées désordonnées.

Même si mes signaux de faim sont revenus et que je mange mes trois repas par jour sans ne plus sauter de repas (même si je flirte souvent avec l'idée en étirant le délai entre les repas), j'ai encore beaucoup de difficulté avec les collations. Je me bats contre l'idée de prendre une collation de façon presque automatique parce que la peur est trop kick-ass et je fuis-fuis-fuis au lieu de prendre le temps de faire face.

En conséquence, lorsque l'heure du diner ou du souper arrive, je suis rendue "trop loin dans ma faim" et il est beaucoup plus difficile de rester présente à mon repas.  J'ai donc tendance à manger plus vite, à être déconcentrée, à rechercher les distractions en mangeant, etc, ce qui active d'autres pensées désordonnées. Sans compter que si on n'est pas présent, on ne peut pas entendre son corps dire "ok là, j'ai pu faim".

Pour combattre ce cercle vicieux, il faut être capable de faire face à la peur et à agir malgré elle... mais la plupart du temps j'en suis encore incapable.
 Ce qui fait que:
-  mon corps ne peut pas encore m'envoyer de signal de faim pour les collations;
Ce qui fait que:
- c'est encore trop tôt pour parler de confiance en mon corps même si je suis de plus en plus appréciative de tout ce qu'il a fait pour me protéger et me supporter jusqu'ici.

Et ce même si je suis consciente que JE sabote encore trop souvent le processus.

Alors un des buts pour Janvier est d'ajouter UNE collation.  Partir de là.  Et hopefully, savourer la différence que ça pourra peut-être faire.