mercredi 26 février 2014

༺ Troubles alimentaires: "Je ne savais pas que..."

Le slogan de la semaine de sensibilisation aux troubles alimentaires de NEDA, (National Eating Disorder Association) est "I Had No Idea that...Get in the Know".
Malheureusement, ça ne se traduit pas très bien mot pour mot.  I Had No Idea (That) veut dire "Je ne savais pas (que)" mais la source plus précise est l'expression "N'avoir aucune idée de quelque chose". Pour sa part, Get In The Know nous invite à nous "Mettre au courant".
Résumons en disant que c'est souvent une bonne idée de se mettre au courant de ce qu'on ne sait pas en parlant plus spécifiquement aujourd'hui des troubles alimentaires.
La semaine de sensibilisation 2014 se tient du 23 février au 1er mars.

"Je ne savais pas...":

1.  "... qu'une personne peut aimer la nourriture ET souffrir d'un trouble de l'alimentation."
Et bien il est bon de savoir que beaucoup de gens souffrant de troubles de l'alimentation peuvent passer des journées complètes à penser à, et être obsédés par, la nourriture, et beaucoup sont des chefs, cuisiniers ou pâtissiers.  Une des raisons à ceci est que la restriction provoque directement l'obsession alimentaire. Les troubles alimentaires peuvent se résumer comme ceci:  une relation désordonnée avec de la nourriture ET NON une absence de relation avec la nourriture.

2. "... qu'un trouble alimentaire est une maladie, et non un choix ou un défaut de caractère."
Les troubles alimentaires sont une maladie mentale. Les comportements individuels qui en découlent peuvent être des choix, mais la compulsion auto-destructrice derrière le trouble alimentaire ne serait pas choisit par quiconque.

3. "... que les troubles alimentaires sont plus complexes que seulement vouloir perdre du poids et maigrir."
Les troubles alimentaires sont un mécanisme d'adaptation où les soucis et insécurités des personnes affectées sont convertis en insatisfation envers le corps et en une relation désordonnée avec la nourriture. Un trouble alimentaire peut se présenter en surface comme étant un simple désir de maigrir, mais d'abord et avant tout, il s'agit d'une maladie mentale et d'un mécanisme auto-destructeur; un lent suicide.

4. "... que N'IMPORTE QUI peut avoir un trouble de l'alimentation."
Les personnes atteintes de troubles de l'alimentation peuvent être extraverties, introverties, vaines, dévouées, joyeuses, moroses, drôles, avoir des difficultés d'apprentissage, êtres riches, pauvres, jeunes, vieilles, noires, blanches, latines, asiatiques, mâles, femelles, hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, être grosses, maigres, ou quelque chose entre les deux. Il n'y aucun groupe totalement à l'abri de la maladie mentale.

5. "... que les troubles de l'alimentation sont en grande partie génétiques."
Des recherches récentes indiquent que les gens naissent avec une prédisposition à développer un trouble de l'alimentation. Une analogie courante est que si la portion génétique est l'arme à feu, les facteurs environnementaux pour leur part (éducation, Diet Culture, la grossophobie/fatphobia dans les médias, etc) sont ​​la gâchette.

6. "... que la Diet Cultureest si insidieuse, omniprésente, et nuisible."
La Diet Culture (Culture Pro-Diète) actuelle est ce qui permet aux troubles de l'alimentation de cacher aussi bien. Au lieu d'être alarmé des changements rapides dans l'alimentation ou de la poursuite obsessionnelles de règles alimentaires arbitraires, nous saluons les gens pour leur "contrôle" et "leur volonté."  Lorsque quelqu'un va au gym tellement souvent que ses autres responsabilités sont abandonnées ou qu'ils se blessent, ils sont considérés «dédiés» et «déterminés». La Diet Culture vend la perte de poids comme étant un objectif louable en soi, de sorte que les troubles alimentaires sont vus simplement comme une façon débalancée de suivre un bon objectif plutôt que de comme système de valeur complètement déformé et mortellement dangereux. La Diet Culture prêche tout ce que les troubles alimentaires prêchent: que la haine de soi et la haine de son corps sont normales, que la graisse est universellement mauvaise, que la seule façon de vraiment vous aimer vous-même ou d'être heureux est de changer votre corps.

7. “… que les troubles de l'alimentation ne sont pas "une simple phase”.
Certaines personnes peuvent souffrir d'un trouble de l'alimentation pendant une courte période de temps et peuvent se rétablir avec le temps.  Cependant, beaucoup de gens ne s'améliorent pas sans aide et si un trouble de l'alimentation n'est pas traité, il peut devenir un handicap débilitant permanent avec peine de mort.

8. “… qu'une personne peut souffrir d'un trouble de l'alimentation et ne pas perdre de poids/ qu'une personne peut souffrir d'un trouble de l'alimentation et être grosse. ”
Parmi les différents troubles de l'alimentation, certains ne sont pas complètement restrictifs; par exemple, certains sont caractérisés par l'hyperphagie, notamment le BED (Binge Eating Disorder) ou la boulimie. Une alimentation désordonnée conduit également très souvent à des fluctuations de poids fréquentes (Yo-yo Dieting) plutôt qu'à une perte de poids permanente.

9. “... que les troubles de l'alimentation peuvent être si désagréables.”
Les troubles alimentaires sont loin d'être glamour. Ils peuvent causer des dommages physiques, parfois graves et même la mort: ongles secs, ou dents endommagées, ou dépendance aux laxatifs, ou atrophie musculaire, où érosion de la muqueuse de l'estomac, ou Oesophage de Barrett, etc.

10. “... que la boulimime, ce n'est pas simplement délicatement/silencieusement vomir après les repas.”
Purger peut inclure faire trop d'exercice, utiliser des diurétiques et des laxatifs, et pas seulement des vomissements. [Avertissement Trigger: v * mir] 
Il faut aussi noter que les vomissements sont rarement délicats OU silencieux. Le corps n'aime pas vomir alors il le fait savoir de façons très claires.  Il n'y a rien de subtil dans le fait de vomir.

11. “… que les gens souffrant d'anorexie mangent quelque chose.”
Si une personne ne mangeait pas du tout, elle serait morte en 1 à 4 semaines. L'anorexie est marquée par la restriction alimentaire et non à l'abstinence totale de nourriture.

12. “…qu'il existe d'autres troubles de l'alimentation à part l'anorexie et la boulimie."
Hyperphagie et EDNOS, Pica, Syndrome Prader-Wili, Orthorexie, Rumination, Night Eating Syndrome, etc.  (x) (x)

13.“… que quelqu'un dont je suis proche peut avoir un trouble de l'alimentation à mon insu".
Les troubles alimentaires sont la plupart du temps passés sous silence et généralement vus comme quelque chose de honteux, dès lors, les personnes affectées vont mentir et cacher leurs comportements désordonnés face à la nourriture.

14. “… que je n'ai pas à avoir honte ou à regretter mon trouble de l'alimentation pour pouvoir récupérer.
Les troubles alimentaires servent un objectif pendant une période difficile à vivre. Ils ne sont pas un bon mécanisme pour faire face, mais ne sont pas quelque chose que l'on choisit.  Il ne faut pas avoir honte d'une maladie qu'on n'a pas choisit.

15. “… que la Récupération/Recovery est très difficile.”
Les troubles alimentaires sont une dépendance et il est donc aussi difficile de récupérer d'un trouble alimentaire que d'une autre dépendance. Mais la récupération est plus compliquée parce que l'abstinence totale n'est pas possible - il faut apprendre à manger, nous devons manger. 


Un des symptômes les plus dangeureux (voir mortels) des troubles de l'alimentation?
 Le Silence.
En parler, ça sauve des vies.
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Source:  NEDA