jeudi 1 mai 2014

༺ Quand le pardon est une fuite ༻

"Une des choses les plus dangereuses du pardon est qu'il sape notre capacité à liquider nos émotions refoulées. Comment pouvons-nous admettre ressentir de la colère contre un parent à qui nous avons déjà pardonné? La responsabilité peut seulement aller vers l'un des deux endroits suivant : à l'extérieur, c'est à dire vers les gens qui nous ont fait du mal, ou vers l'intérieur, vers nous-même. Quelqu'un doit bien être responsable. Donc, nous pouvons pardonner à nos parents mais en venir à nous haïr nous-mêmes en échange.

J'ai aussi remarqué que de nombreux patients se sont précipités à pardonner pour éviter le pénible travail de la thérapie. Ils croyaient que pardonner leur fournirait un raccourci vers le mieux-être. Certains d'entre eux ont "pardonné" et ont abandonné leur thérapie pour ensuite s'enfoncer davantage dans la dépression ou l'anxiété.

Plusieurs de ces patients s'accrochaient à leurs fantasmes: "Tout ce que j'ai à faire est de pardonner et je serai guérie. Je vais avoir une santé mentale fantastique, tout le monde va aimer tout le monde, nous allons nous faire beaucoup de câlins, et nous pourrons enfin être heureux." Ces patients ont trop souvent découvert que le pardon était une promesse vide qui les mettait simplement en face d'une amère déception. Certains d'entre eux ont ressenti un flot de bien-être mais celui-ci n'a pas duré parce que leur ressenti n'avait pas vraiment changé et leurs interactions familiales non plus."

| Susan Forward | Toxic Parents, chapitre 9 |